LIBRE ÉDITION CLAUDE AUBIN
 
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Sortie du livre Rônin. 

Le dernier de la trilogie de La main gauche du Diable et du Lansquenet solitaire 

 
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 Un petit aperçu 

 

Si quelqu'un t'a fait du mal, assieds-toi devant une rivière. Tu verras passer son cadavre.
                                                                                                         
- Proverbe africain

Chapitre 1 ‑ Le malade au téléphone

1992 – Montréal, centre-ville, poste 25

J’étais au bureau ce soir-là, c’était en fait une de ces longues journées habituelles. Je finissais à la plume un dossier multiple de vol et mon joyeux client attendait patiemment d’être renvoyé au quartier général pour finir la soirée. Il n’avait pas commis un très gros larcin mais comme il les commettait en série, je savais bien qu’une fois libéré son premier souci serait de recommencer. Ce ne serait pas comme ça ce soir et mes gars en bleu pourraient vaquer à autre chose. Tout à coup, des pas tintèrent sur le carrelage vieilli des escaliers menant à mes bureaux.

            - Claude…

            - Que veux-tu fatiguant ?

            Le grand Michel, un policier du groupe de soir, un grand échalas à la chemise deux fois trop grande, n'en fit aucun cas. Il attendit patiemment que je lève les yeux vers lui pour continuer à raconter. J’arrêtai donc mon joli scribouillage pour l’écouter.

            - Ton gars dans les cellules vient de faire une tentative d’évasion.

            - Hein ? Comment ça ?

            - Il s’est élancé tête première dans le bol de toilette, Il s’en va à l’hôpital.

            Ce n'était pas la première fois qu'un bonhomme nous faisait le coup. Il faut quand même être un peu ivre ou fêlé pour plonger tête première dans la cuvette des toilettes.

            - Robert, envoie quelqu’un pour le surveiller ?

            - Ouais, il y a aussi un gars en bas et je ne sais pas quoi faire avec lui. Il veut   que je prenne un rapport mais il a déjà porté plainte à tout le monde. Le CRTC, la GRC,  chez-nous, même à la SQ mais rien ne peut résoudre son problème.

            - Et tu penses que moi je vais réussir ?

            - T’es le patron des causes désespérées.

                                  

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4 vieux flics

 
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 Autre aperçu...

 

On ne peut faire un cheval d'un âne.

                                                                       Bill Chiasson, sergent détective

 

Opérations haïtiennes

1995

Centre-ville, poste 25,

C’est à partir des années ‘93 que les gangs haïtiens ont résolument envahi le centre-ville. Avant, nous avions droit à toute la pègre noire et anglophone mais, à partir de ce moment, la guerre allait se déplacer. C’est drôle parce qu’on aurait pu croire qu’elle se ferait entre Jamaïcains et Haïtiens. C’est un peu comme s’ils se fichaient éperdument les uns des autres. Les conflits demeuraient bien entre locaux et rarement interculturels.

            Pour nous il n’y avait guère de changement entre des drive-by shooting anglais ou leurs pendants francophones, les résultats demeuraient les mêmes. Cependant, ceux des Haïtiens avaient commencé à se concentrer autour du célèbre Peel Pub de la rue Maisonneuve ouest. Même que des gars s’étaient tirés dessus dans les toilettes et d’autres dans les marches menant à l’intérieur de la brasserie. Un jeune avait été lâchement attaqué lors d’une fête de cégépiens. Il s'était retrouvé avec une balle de 9mm en pleine poitrine. Deux autres avaient été battus, tout près, devant un petit bar africain. La nuit, la rue Maisonneuve était devenue un véritable foutoir et ça débordait maintenant jusqu’à Crescent, au fameux Burger King, ou deux gardes de sécurité y étaient maintenus en permanence. Carrément s’asseoir sur les capots ou même les toits des autres voitures ! Entre ça, les gens rapportaient l’écho de coups de feu, pour nous, le moment où nous devions intervenir ! Les patrons ne sont convaincus que lorsque la merde sort de partout. Cette fois, ils l’étaient. Et pour quelques semaines, nous aurions droit à quelques opérations de nettoyage.

            Lors d’une autre fin de semaine où il fallut avoir recours aux opérations de mimétisme, je me déguisai en client du Peel Pub avec mon fidèle John. Nous allions être obligés de prendre une bière dans une brasserie. L’établissement ne devait compter que cinq ou six blancs pour 400 Noirs, dont quelques-uns étaient armés. Nous ne savions pas lesquels ! Alors en flics courageux que nous étions, lui et moi avions choisis la table la plus rapprochée de la scène. Elle était près des téléphones et si nous avions besoin du micro… il serait aussi à notre portée.

            - Une bière messieurs ?

            - Un gros pichet s’il vous plait.

            John se servit immédiatement. Je ne sais pas s’il voulait se donner du courage mais le houblon descendit carrément vers l’estomac.  John pouvait boire s’il le voulait.

            - Tu sais à quelle heure ils vont entrer ?

            - C’est moi qui donne le go mon John. On va attendre un peu. Les esprits semblent  plutôt calmes.

            À ce moment, trois ravissantes jeunes femmes vinrent s’asseoir à notre table. Les petites ont environ 20 ans et piaillent comme… des pies… Et patati et patata. Elles semblent ne jamais pouvoir s’arrêter. Quelques minutes plus tard, quand la serveuse revient, je demande trois verres supplémentaires. Les filles n’auront qu’à se servir dans le pichet. De toute façon nous n’allons pas boire tout ce liquide et, comme j’ai payé, mieux vaut pas le perdre. Les filles sont surprises mais elles en reviennent très vite. Elles en ont peut-être l’habitude.

            - Merci beaucoup guys

            - C’est ok !

            Plus loin, quelques jeunes commencent à chahuter un peu. D’autres vont et viennent du dehors vers l’intérieur, et vice versa. La salle qui doit contenir 400 personnes est maintenant à plus de 500. Et même plus !

            - John, je crois qu’il est temps d’aller faire un petit téléphone. Si quelqu’un est      armé.   Bien j’espère juste qu’on                puisse le voir à temps !

            - Ok sir…

            Je vais immédiatement faire mon appel. Le lieutenant de service attend avec impatience le moment de lâcher ses                  hommes.

            - Tu me donnes cinq minutes. Le temps de donner l’ordre…

            - Tu sais, moi je ne bougerai pas avant de voir tes gars descendre l’escalier. À    moins de     voir un revolver…

            - Ok Claude, bonne chance.

 
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En prévente au prix de $12.00 / 1 dollar sera remis à un organisme s'occupant de l'autisme. 

 
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Aperçu  

Chapitre 2 - Le gars de vol qualifié

Poste 25, février 1992

L’équipe des Cobras roulait à merveille, non seulement mes jeunes étaient motivés, ils étaient motivants. Je n’arrivais pas à dormir beaucoup avec eux. Il faut expliquer que les arrestations sont faites par ces jeunes fous, mais l’enquête est ma responsabilité. Bien sûr, tous les membres de l’équipe y mettent la main à la pâte. Mais, malgré tout, les journées de moins de dix heures se faisaient plus que rares. Nous avions ironiquement pris le nom ''Cobra'' pour le groupe, ça nous allait très bien, depuis le début, nous frappions fort et vite. Ce nom, il était venu d’une plaisanterie entre nous, un truc pour faire rire, pas sérieux du tout. Peu à peu, nous nous y étions fait.

            Nous avions déjà un travail fou quand, tard le soir, André, mon insipide capitaine, vint me demander de rentrer tôt le lendemain matin. Le pauvre avait attendu exprès mon arrivée pour me rencontrer. Il devenait difficile pour lui de savoir ce que je faisais ou à quel endroit je serais. Le voilà planté devant moi avec une brique de paperasse.

- Demain tu places tes équipes sur cette affaire.

Nous connaissions une série de vols qualifiés dans les banques du secteur et le suspect était maintenant connu. Les enquêteurs des vols qualifiés assuraient qu’il en était à son dixième. Eux, semble-t-il, avaient d'autres chats à fouetter. Les gars de sections ont toujours un tas de choses à faire.

            - Tu vois André, je n’ai pas encore fini avec ces cas d’introduction par effraction   et j’imagine que je ne serai pas chez-moi avant deux heures du matin.

            - Mais le projet commence demain matin.

            Sur ce, tout sourire, il laisse tomber la liasse de documents sur mon bureau. L’affaire est semble-t-il entendue.

            - J'imagine qu'on n’a pas le choix ?

            - Tu imagines bien.

 

 

 
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Maintenant l'écriture est devenue mon dada. 

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